La petite star sicilienne grandit : Scicli

La petite star sicilienne grandit : Scicli

Petits voyages : la série de souvenirs et conseils de voyage de notre rédaction continue. Ils vous accompagneront tout au long du mois de juillet, avec de nombreuses suggestions de lieux à visiter et… à déguster ! #SummerItalianaLCI

Quand on m’a demandé en tant que fille où tu vas en vacances, j’ai répondu avec joie Scicli. Personne ne le connaissait. Je travaillais donc dans de longues explications : vous connaissez la pointe la plus méridionale de la Sicile ? Ici c’est plus ou moins là, ce qui est plus bas que Tunis. « Ah », s’exclamèrent-ils tous, abasourdis. J’aimais cet endroit que personne ne connaissait, le bruit du matin, le dialecte dans l’air, et puis les silences de l’après-midi qui duraient jusqu’à six heures. J’ai adoré rouler vitres baissées de la maison Pisciotto, près de la fournaise et de la plage de Sampieri, jusqu’à Scicli, quand il n’y avait personne sur les routes ensoleillées. On sentait l’odeur du maquis méditerranéen mêlée à celle de la mer, et le vent chaud qui entrait dans la voiture et vous ébouriffait les cheveux, et jouait Cherry Hill de Battisti. Ce sont des souvenirs difficiles à mettre en mots, car ce sont des flashs émotionnels que vous pouvez à peine deviner, qui reviennent à chaque fois que vous revenez.

Les Scicli de Montalbano

Aujourd’hui pourtant, quand vous parlez de Scicli, tout le monde vous dit : « Oh oui, belle. J’étais là ». Mérite du commissaire Montalbano tourné dans cette zone la mettant sous les projecteurs touristiques avec des dizaines de téléspectateurs marchant via Mormino Penna, siège du commissariat de Vigata dans le drame, avec quatre églises à cent mètres. Ainsi, la ville qui fait partie du patrimoine baroque du Val di Noto et de l’Unesco est devenue, à sa petite manière, une star. Pourtant ses rythmes ralentis par la canicule estivale ne changent pas.

C’est toujours un plaisir de s’asseoir sur la Piazza Busacca et de commander un « demi granité » à l’Antico Caffè Gritti, la mystérieuse et parfaite dose de douceur et de fraîcheur apportée par la boisson sicilienne. L’arancino de riz croustillant se déguste au Caffè Sicilia, sur la Piazza Italia. Le pain « cunzato », quant à lui, est fait maison, avec du pain assaisonné d’huile, de tomates séchées, de premier sel et d’origan : quel poème gastronomique. Avec le succès du tourisme, l’hospitalité s’est renforcée. Il y a l’Albergo Diffuso, avec des chambres et des petits appartements disséminés dans les vanedde (ruelles) et il y a le Sanbartolomeo Casa e Putia, dans un quartier historique, avec des chambres meublées d’antiquités, boutique de napperons (putia, en fait), broderies et autres artefacts typiques.

Sanbartolomeo Casa et Putia.
Sanbartolomeo Casa et Putia.

Mais surtout Scicli et son territoire, qui descend jusqu’à la mer : à Donnalucata, Cava d’Aliga et Sampieri, et a une âme agricole, aujourd’hui de plus en plus durable avec la chance de sa beauté enchanteresse. Dans le quartier de Santa Rosalia, parmi les murs de pierres sèches, les caroubiers et les amandiers, il est conseillé de s’arrêter à la ferme Gli Aromi, où ils cultivent des herbes aromatiques officinales et offrent un apéritif suggestif. Puis au Vivai del Valentino, un jardin de plantes succulentes avec un charmant bed and breakfast : comme dormir dans une oasis.

Vivai del Valentino (photo Bent Nilsen et Emanuele Bastoni).
Vivai del Valentino (photo Bent Nilsen et Emanuele Bastoni).
Ronan Il Quadrifoglio
Ronan Il Quadrifoglio

Ronan, rédacteur pour Il Quadrifoglio, marie sa passion pour la cuisine italienne à un style rédactionnel riche et captivant. Expert en tendances culinaires, ses articles offrent une immersion gustative unique, faisant de chaque plat une histoire à découvrir.